Le mannequinat, un sacerdoce ? Les podiums seraient-ils devenus des chemins de croix ?
A y regarder de plus près, on pourrait le croire.
Arpenter sur des kilomètres les catwalks du monde entier pour les marques de luxe les plus prestigieuses n'épargne pas les corps meurtris des mannequins, déjà soumis à des régimes draconiens.
Perchés sur des talons, les pieds de ces demoiselles ne sont pas vraiment chouchoutés dans des chaussures qui ne sont pas toujours à leur taille. On marche vite, on accélère le pas, on court toujours, on enfile des dizaines de paires de chaussures, on souffre en silence et on ne montre rien pendant le sacro-saint défilé. Le luxe n'admet aucune plainte. Celles qui tiennent iront plus loin que les autres.
Telles les danseuses qui pansent leurs plaies, les stakhanovistes de la mode, celles qui ont l'honneur de sublimer les créations des plus célèbres couturiers ne se plaignent pas et soignent leurs blessures après coup, en coulisses, loin des spectateurs aux regards subjugués par tant de beauté et de création, à des années lumières des pages glacées de nos magazines féminins.
Toutes logées à la même enseigne, la mode fait mal à ses tops, mais ne nous a-t-on pas toujours dit qu'il fallait souffrir pour être belle ?
Alors, n'est pas Gisèle Bundchen, Adriana Lima, Poppy Delevigne ou Natalia Vodianova qui veut, car en plus d'être belle, il faut être forte et motivée...