Le cinéma d'auteur se porte bien et pour preuve, face à la grosse machine de "La Guerre des Boutons" fois 2, L'Apollonide de Bertrand Bonello se classe au box-office avec plus de 7000 spectateurs le premier jours !
Décrié par les uns, plébiscité par les autres, le bordel de luxe fascine et révolte à la fois. Fermées depuis 1946, les maisons closes reviennent régulièrement dans l'actualité au sujet d'éventuelles réouvertures.
Si 70% des messieurs sont favorables, seulement 49% de ces dames soutiennent la proposition.Les prostituées, elles, sont contre. Cet univers qui peut faire fantasmer un imaginaire collectif est avant tout, pour celles qui l'ont connu, un lieu de souffrance et d'esclavage, que l'on ne peut accepter aujourd'hui.
Après la série à succès "Maison Close", diffusée sur Canal + en 2009, c'est au tour du cinéma de leur rendre hommage avec L'Apollonide, " ...un film pudique où le sexe y est plutôt mental. " selon les dires d' Adèle Haenel qui interprète une jeune prostituée.
Bertrand Bonello, le réalisateur, nous ouvre les portes et nous entraîne à l'intérieur d'une maison parisienne du début du XXème siècle.
Sans nostalgie aucune, le film, inspiré d'un roman de Laure Adler, est une chronique sur les derniers jours d'une maison de plaisirs, avec entre autres, Hafsia Herzi, Céline Salette et Jasmine Trinca.
A l'abri des regards et loin du tumulte extérieur, dans une ambiance baroque, une vie s'organise, entre filles. Véritable immersion dans le quotidien de cet univers calfeutré, dans un décor unique, on reste au secret, enfermés de l'intérieur.
Film d'auteur avant tout, la caméra du réalisateur aux cinq films dont "le Pornographe" s'attarde sur ses actrices, les sublime sans rien enlever à la réalité ni à la violence du contexte. Les demoiselles, dont l'une est défigurée par le sadisme d'un client, évoluent dans ce décor belle époque où rien n'a été laissé au hasard grâce à une recherche minutieuse sur l'histoire des lieux.
Acclamé à Cannes, plébiscité par la presse, sorti le 21 septembre, L'Apollonide - Souvenirs de la Maison Close a trouvé son public avec 60 000 entrées en une semaine ...